Face à l’IA, protéger ne suffira pas : il faut aussi préparer l’humain Table ronde du Parlement Européen à Namur
Le 9 septembre 2026, la Bourse de Namur accueillera une table ronde consacrée aux libertés individuelles, à la démocratie et à l’intelligence artificielle. Sophie Wilmès, Annick Castiaux et Nicolas Pourbaix y croiseront leurs regards politique, académique et entrepreneurial. Animée par le journaliste Philippe Laloux, cette rencontre posera une question devenue centrale : comment continuer à innover sans fragiliser ce qui fonde nos libertés et notre démocratie ?
L’intelligence artificielle ne transforme plus seulement nos outils. Elle modifie progressivement notre manière de travailler, d’apprendre, de nous informer, de communiquer, de créer et parfois même de prendre des décisions.
Cette accélération ouvre des perspectives considérables pour les citoyens, les entreprises et la société. Elle soulève parallèlement de nouvelles questions : comment protéger les données personnelles ? Comment lutter contre les manipulations numériques et les deepfakes ? Comment protéger les mineurs ? Jusqu’où réglementer les plateformes ? Et comment préserver notre capacité de jugement dans un environnement où les contenus sont produits et diffusés à une vitesse sans précédent ?
Ces questions seront au cœur de la table ronde organisée le mercredi 9 septembre 2026, de 19h00 à 20h30, à la Bourse de Namur.

Trois regards pour interroger notre avenir numérique
La rencontre réunira trois personnalités aux expériences complémentaires :
- Sophie Wilmès, ancienne Première ministre et députée européenne, apportera un regard politique et européen ;
- Annick Castiaux, rectrice de l’Université de Namur, abordera les dimensions académiques, scientifiques et sociétales ;
- Nicolas Pourbaix, fondateur & CEO d’e-net. group et CEO d’e-net. lab, partagera une lecture entrepreneuriale issue du terrain et des transformations vécues par les organisations.
La rencontre sera animée par le journaliste Philippe Laloux.
Le débat abordera notamment la régulation des grandes plateformes à travers le DSA et le DMA, la protection des mineurs sur les réseaux sociaux, l’intelligence artificielle et l’AI Act, les deepfakes, les ingérences étrangères, la désinformation ainsi que la protection de l’État de droit.
Réguler et protéger, sans renoncer à innover
Face aux transformations numériques, l’Europe a progressivement construit un ensemble de réglementations destinées à mieux protéger les citoyens, les organisations et les droits fondamentaux.
RGPD, DSA, DMA, NIS2 ou encore AI Act répondent à des enjeux différents, mais traduisent une même volonté : ne pas laisser le développement technologique s’effectuer sans garde-fous.
Pour Nicolas Pourbaix, cette capacité européenne à réglementer constitue une force, à condition qu’elle ne conduise pas à créer une complexité inaccessible aux plus petites organisations.
Pour une PME, chaque nouvelle réglementation peut en effet représenter du temps, des compétences et des coûts supplémentaires. L’enjeu n’est donc pas d’opposer réglementation et innovation, mais de permettre aux entreprises de comprendre le sens des règles et de les transformer progressivement en pratiques utiles : mieux protéger leurs données, renforcer leur cybersécurité, mieux maîtriser l’intelligence artificielle et développer la confiance.
Protéger les jeunes ne peut pas se résumer à interdire
Cette recherche d’équilibre se retrouve également dans le débat autour de l’accès des mineurs aux réseaux sociaux.
Fixer une limite d’âge peut constituer un outil de protection et envoyer un signal aux plateformes. Mais pour Nicolas Pourbaix, retarder l’exposition ne suffit pas à créer le discernement.
Un jeune ne développe pas automatiquement, à son quinzième anniversaire, la capacité de comprendre une bulle algorithmique, d’identifier une manipulation, de vérifier une information ou de reconnaître les mécanismes destinés à capter son attention.
C’est pourquoi e-net. défend depuis plusieurs années une approche complémentaire fondée sur l’éducation et la montée en compétences.
En 2026, cette conviction a notamment donné lieu à l’expérimentation "Réseaux sociaux : ce qu’on ne te montre pas", menée avec des jeunes de 11 à 13 ans et leurs parents. L’objectif : ne pas simplement expliquer les dangers des réseaux sociaux, mais permettre aux jeunes de comprendre progressivement l’environnement numérique dans lequel ils évoluent.
Captation de l’attention, bulles algorithmiques, contenus transformés, vérification de l’information, pauses ou sommeil font notamment partie des sujets abordés.
L’objectif ne devrait donc pas seulement être de retarder le moment où un jeune rencontre le numérique, mais de le préparer à en développer un usage à forte valeur ajoutée, équilibré et conscient.
Confiance, repères et discernement : trois fractures à surveiller
La transformation numérique pose enfin une question plus profonde : celle de la résilience de nos démocraties.
Pour Nicolas Pourbaix, les ingérences étrangères et les manipulations numériques constituent une menace réelle. Mais leur efficacité dépend aussi de la société dans laquelle elles cherchent à prospérer.
Trois fragilités méritent à ce titre une attention particulière.
- La confiance. Les crises successives ont fragilisé la relation de certains citoyens avec les institutions, les médias, les experts, les entreprises ou les responsables politiques. Le numérique n’est pas à l’origine de ce phénomène, mais il peut l’amplifier en accélérant considérablement la circulation de l’information comme de la désinformation.
- Les repères. Travail, économie, environnement, géopolitique, technologies ou modes de vie évoluent simultanément. Les certitudes sont moins nombreuses et l’adaptation devient progressivement une compétence fondamentale.
- Le discernement. Pendant longtemps, l’un des principaux défis consistait à accéder à l’information. Nous devons désormais apprendre à évoluer dans son abondance. Notre attention, notre temps et nos capacités cognitives restent limités alors que la quantité de contenus disponibles — désormais amplifiée par l’IA générative — continue d’augmenter.
Moins de confiance, des repères plus instables et davantage de difficultés à discerner peuvent créer un terrain favorable à la polarisation et à la manipulation.
Du bouclier démocratique au « bouclier humain »
Face à ces risques, les mécanismes institutionnels restent indispensables.
Protéger les élections, renforcer la transparence, détecter les campagnes de manipulation, lutter contre les ingérences étrangères et responsabiliser les plateformes constituent autant de composantes nécessaires d’un bouclier démocratique européen.
Mais pour Nicolas Pourbaix, cette protection institutionnelle doit être accompagnée d’un second niveau : le bouclier humain.
Car aucune institution, aucune réglementation et aucun algorithme ne pourront vérifier à la place de chaque citoyen toutes les informations auxquelles il sera confronté.
Ce « bouclier humain » repose sur une combinaison de compétences : connaissance de soi, métacognition, esprit critique, discernement, intelligence émotionnelle et relationnelle, compréhension des mécanismes d’influence, cybersécurité et maîtrise progressive des fondamentaux de l’intelligence artificielle.
Il ne s’agit pas de faire de chaque citoyen un spécialiste de la technologie, mais de lui permettre de conserver suffisamment de compréhension et de recul pour rester acteur de ses choix.
Une démocratie résiliente a besoin d’institutions résilientes, mais aussi de citoyens résilients. Face à l’accélération technologique, notre responsabilité n’est pas seulement de mieux préparer les machines. Nous devons d’abord mieux préparer les humains.
Nicolas Pourbaix, CEO e-net. group

Vers une transformation numérique à maîtrise humaine
Cette réflexion dépasse la seule question de l’intelligence artificielle.
Elle s’inscrit dans les travaux menés par e-net. group autour d’une transformation numérique à maîtrise humaine : une approche qui ne consiste ni à ralentir l’innovation ni à opposer l’humain à la technologie.
Elle pose plutôt une question : dans un monde où nous pouvons déléguer toujours davantage aux technologies, que voulons-nous continuer à comprendre, à choisir et à maîtriser ?
L’innovation technologique peut augmenter les capacités humaines, améliorer la productivité, faciliter l’accès à la connaissance et permettre l’émergence de nouveaux services. Mais la technologie seule ne crée ni le sens, ni la confiance, ni la responsabilité.
Préparer l’humain à comprendre les transformations qu’il traverse devient dès lors un enjeu économique, éducatif et démocratique.
C’est cette recherche d’équilibre entre innovation, protection, compétences et libre arbitre que Nicolas Pourbaix portera lors de la table ronde du 9 septembre à Namur.
Informations pratiques
Libertés individuelles, démocratie et intelligence artificielle : quel équilibre à l’ère du digital ?
- Mercredi 9 septembre 2026 - 19h00 à 20h30
- Bourse de Namur
- Événement gratuit et ouvert au public
La rencontre est notamment ouverte aux étudiants, professionnels, acteurs associatifs et citoyens souhaitant participer à la réflexion sur les transformations numériques et démocratiques en cours.
Ressources pratiques - Pour aller plus loin
- Inscription pour cette table ronde : Libertés individuelles, démocratie et intelligence artificielle : quel équilibre à l’ère du digital ?
- Evénement de la table de l'innovation : "Ce que les réseaux sociaux ne te montrent pas" pour les enfants de 11 à 13 ans et les parents
- Atelier d'expérience "Comprendre et maîtriser l’IA pour réussir dans un monde en transformation"
- Collection de 3 livres, parcours 'Se dépasser avec l’IA' (Penser - Comprendre - Agir avec l’intelligence artificielle sans perdre le discernement) :
- Livre Manifeste de la collaboration Humain-IA : Penser l’intelligence artificielle sans renoncer au discernement humain
- Livre Glossaire de la collaboration Humain-IA : Clarifier le langage pour renforcer le discernement et la responsabilit
- Livre 10 règles d’or de la collaboration Humain-IA : Transformer le discernement en pratiques responsables
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Utilisation de l’intelligence artificielle
L’intelligence artificielle a été utilisée ponctuellement comme outil d’assistance. Le contenu, les prises de position et la validation finale demeurent sous responsabilité humaine, conformément à la démarche de transformation numérique à maîtrise humaine portée par e-net. group.
À propos d’e-net. group
Fondée en 2002, e-net. accompagne plus de 3 500 organisations dans leur transformation digitale. L’entreprise est reconnue pour son approche éthique, son expertise en IA appliquée, son engagement RSE et son travail prospectif sur les mutations sociétales liées au numérique.
Avec plus de 45 000 évaluations clients analysées, un taux de satisfaction de 98,7 % et un programme de formations structuré autour de la e-net. school, le groupe s’impose comme un acteur clé de l’avenir digital wallon.
e-net. group réunit 6 univers complémentaires : e-net., l’agence de transformation stratégique et digitale ; e-net. school, le centre d’éducation et de coaching ; l’appel à l’innovation, la saison éducative, culturelle et sociétale ; e-net. lab, le laboratoire des transitions stratégiques, éthiques et digitales ; Aqua Clean Concept, l’e-commerce responsable de produits écologiques ; nico-du-web.com, le site personnel de l’entrepreneur Nicolas Pourbaix.
